08 janvier 2007
Récit d'un accouchement : 3 - la rencontre
Il est 16h00.
Elora est sur mon ventre dans son petit pyjama, coiffée d'un bonnet un peu trop grand et elle me fixe avec de grands yeux...
Une sage femme est venu rapidement m'aider à la mettre au sein pour sa première tétée.
C'est une sensation étrange. Ca tire, c'est charnel, c'est émouvant.
Mon Homme nous regarde. Je me demande bien ce qui peut lui passer par la tête à ce moment là.
Mais comment j'ai fait ?
Comment j'ai pu la faire grandir en moi ? Elle me semble si légère dans mes bras et pourtant si grande...
Comment j'ai pu l'aider à sortir de mon ventre ? Encore que là, j'ai encore une petite idée.
Car si tout le monde envie mon accouchement express, ça reste un acte d'une grande violence dans l'effort et la douleur.
Je ne regrette pas d'avoir ressenti les sensations de l'accouchement mais je suis encore sceptique sur le fait qu'on oublie tout dès qu'on voit son bébé.
Je peux dire que j'ai passé la première journée dans un état assez bizarre.
J'étais heureuse de voir ma fille, je lui donnais la tétée, j'avais la forme, je souriais.
Mais avec le recul je me rends compte que je ne réalisais pas qu'elle était là. J'avais encore à l'esprit les mauvais moments de l'accouchement.
Le deuxième jour a été long.
La montée de lait s'est faite très rapidement et j'ai eu du mal à gérer.
C'est douloureux et dans mon état d'esprit, je me demandais pourquoi je le faisais. Heureusement j'étais entourée par une équipe formidable qui a su être à l'écoute de mes angoisses.
Car, comment ne pas culpabiliser quand on a dans les bras un enfant désiré et qu'on la " bonne " réaction ?
En plus j'ai reçu beaucoup de visites alors que j'avais envie d'être seule.
Une fois tout le monde parti, j'ai pris ma fille dans mes bras et je l'ai regardé dormir...
Je lui ai dit que j'étais sa maman et qu'on allait passer un bout de temps ensemble, que j'allais faire de mon mieux pour qu'elle soit heureuse...
Et j'ai pleuré.
Des larmes qui ont évacué toutes mes pensées négatives ( ce n'est pas parce qu'on est jeune maman que tout doit être tout rose ).
Je sais que ça peut paraître ahurissant. Jusque là Elora était à côté de moi et je ne réalisais pas que c'était ma fille.
Mais ce petit être que j'avais dans les bras, même si je le voulais depuis si longtemps, venais, en quelques secondes, de bouleverser toute ma vie.
Et il fallait qu'on s'apprivoise, qu'on apprenne à se connaître.
Même si son premier regard vers moi m'a remué jusqu'au fond des tripes, on allait devoir apprendre à s'aimer toutes les deux...
Mon Homme est arrivé le soir de ce second jour et m'a trouvé dans cet état.
Je ne sais pas s'il a vraiment compris mais il a été à la hauteur de mon chagrin...
Mon baby blues a duré 2 jours...
Nous sommes rentrés à la maison...
Et aujourd'hui je regarde Elora avec les yeux plein d'amour d'une maman.
J'en apprends tous les jours sur mon rôle et j'aime ça.
Et ce n'est que le début d'une grande histoire que j'espère remplie de complicité, d'amour et de tendresse ...
Commentaires
J'ai eu aussi cette sensation un peu étranger à la naissance. C'est tout à fait normal. Et puis, je crois que cela prend une vie de devenir vraiment maman. Tous les jours un peu plus. Enfin, c'est comme cela que je le ressens.
Bises à vous 3.




